Raid en avion sur Albion
Voler, faire la manche
Il fallait voir l’énergie déployée par coach JIMMY et tout son staff la veille du raid. Tous absorbés dans des calculs ésotériques, examinant les documents recueillis à gauche et à droite, rien à voir avec la politique.
Le calcul du centrage préoccupait de toute évidence DOUDOU qui jetait vers FUCKING TEACHER un regard inquisiteur. D’autres jouaient avec leurs maps ( non pas aux billes mais avec des cartes) les cartes VACS en vrac sur la table. Les plans de vol avaient été déposés à temps. La tempête qui faisait rage à l’extérieur n’avait d’égal que celle qui secouait les cerveaux des raiders. La salle des pilotes était une vraie ruche. Pourtant, un œil averti ( celui qui en vaut deux) aurait remarqué certains visages pales. En effet, la météo n’était pas très optimiste. JIMMY, lui, répétait sans cesse la même chose : « les mecs, demain on a la queue. Ce sera nickel. . Venant de lui on n'avait pas franchement compris de quoi il parlait. La queue en nickel ? Joyeux Noël !!! On ne se sentait pas de taille…Renseignement pris, il parlait de la traîne de la dépression qui ne serait pas active. Nous étions rassurés.
Et puis soudain, une question posée à voix basse
par un des raiders : « L Euh! , Les mecs, vous avez vu le prix de la taxe d’atterrissage
à MANSTON ? » Aucune réponse. La ruche continue de s’activer. Nouvelle question
du même : « Euh! les mecs, c’est quoi un handling obligatoire ? »
Enfin il obtient une réponse d’OLIVIER : « C’est ce que tu dois obligatoirement
payer pour une assistance, même si tu n’en as pas besoin. »
Alors, timidement, le même toujours : « MANSTON 120€ plus 20€ de taxe d’atterrissage,
cela fait 140€ par avion. ». Les regards se croisent en un éclair. Rien à voir
avec le temps dehors. JIMMY nous gratifie d’un : « B…… de m………., Y font c……….
» déchirant dans lequel il met tout son cœur.
Alors chacun propose une solution de remplacement. Une en particulier : « Une
bonne bouffe à Reims à l’Escale. » qui semble retenir toute l’attention du CESSNA
172…
C’est le moment que choisit THIERRY, à l’image
de Zorro le Zoulou, pour arriver. Renseignement pris, il confirme que REIMS,
c’est pas en Angleterre et donc que le nez des avions sera résolument pointé
vers l’Ouest. Le seul changement sera la cible. Ce sera LYDD.
Quand le leader dit LYDD, c’est LYDD. De fronde contre THIERRY, point. Sur cet
accord tacite unanime, chacun rentre chez soi. Avant de se poser à LYDD, une
bonne nuit au lid est indispensable
Le lendemain matin, dès potron minet, les volontaires se pointent sur le terrain.
Les premiers arrivés sont les heureux élus. Ils sortent les avions et font le
plein. DOUDOU prend son petit seau comme quand il était petit sur la plage avec
sa petite culotte bouffante pour purger les réservoirs avant de sortir les navions.
Il faut maintenant prendre la météo. Elle est SUPER. Enfin elle est bonne. Disons
qu’elle est moins merdique que prévu. Puis, galvanisés par nos trois LYDDEURs,
nous nous ruons vers les avions. Deux avions sur trois ont même une hôtesse
de l’air. Le troisième, celui de THIERRY a un équipage exclusivement mâle. Nous
ne parlerons pas de la superbe queue du pilote qui flotte au vent.
6, 5, 4, 3, 2, 1, GO…Les trois avions roulent à la queue leu leu ( rien à voir avec la précédente ) vers le point d’arrêt 21.Le tiercé est DQ, EO, MQ. Le décollage se fait sans aucun problème. Le choix de chaque équipage est différent pour le niveau de vol et aussi pour la vitesse. En effet, EO et MQ réalisent soudain que DQ est en train de devenir un point dans le ciel. OLIVIER semble avoir oublier de passer aux WC chez Pierrot avant le départ. Alors, ça urge. 2500 feet : niveau EO cool, un peu de vent mais DOUDOU est très concentré ( il a dû travailler chez Nestlé). C’est la première fois qu’il pilote EO. Mais avec JIMMY à droite, c’est une sécurité totale. Avec lui, on irait au bout de la nuit… Il briefe DOUDOU sur les paramètres. Très vite, nous sommes en approche de LFAC. DQ est devant nous en courte finale et soudain, on le voit glisser sur la gauche hors piste avant de toucher puis bien s’aligner à nouveau et se poser sans problème. DOUDOU en déduit qu’il y a un vent de travers droit assez fort. Renseignement pris, OLIVIER nous explique qu’il faisait un exercice de vent de travers. Pour EO, le complet est très bon compte tenu que DOUDOU ne casse rien ( je parle de l’avion.)
Il faut alors dédouaner. C’est un bien grand mot puisque nous ne faisons que payer la taxe. Le squadron est maintenant prêt à s’attaquer à la Manche. Nous les relevons avant de monter. Tiens OLIVIER est déjà en train de rouler vers le point d’arrêt. Les toilettes de LFAC étaient-elles aussi fermées ? Toujours est-il qu’il file à l’Anglaise à notre nez et à la barbe naissante de JIMMY. Nous roulons à notre tour vers la piste en suivant scrupuleusement les consignes de la tour. Et c’est le cœur léger, le bagage pas forcément mince car il y a toujours FUCKING TEACHER dans l’avion que DOUDOU nous emmène vers LYYD.
Eh bien! Que d’eau, que d’eau…Une chose est sure, nous ne survolons pas la Méditerranée. Comment on le sait ? Y’a qu’à regarder la couleur de la mer d’un beau marron sale. Quel contraste avec la peau rose du pilote! Il faut repérer le bateau phare. Des bateaux, il y en a plein. Lequel a un phare ? DOUDOU dit que normalement ça va par deux. Pas facile à dire. La prochaine fois on fera le vol de nuit ( tiens ! cela ferait un bon titre de roman), on le verra plus facilement. Le moteur tourne rond. Quelqu’un dit « On serait plus tranquille avec deux moteurs. THIERRY, lui, n’a pris aucun risque : il porte un magnifique gilet jaune citron. FUCKING TEACHER a chaussé ses palmes, ce qui n’est pas très académique dans un CESSNA. Il promet de les retirer ainsi que son masque et son tuba au retour pour piloter. JIMMY est rassuré. Et puis, ça y est, DOUDOU crie : « Là, en-bas, le bateau phare ! » On croirait E.T. montrant « Maison. Face à nous, c’est DOUVRES ou FOLKESTONE ? Débat inutile puisqu’on aperçoit déjà le cap avec l’usine nucléaire et le terrain juste derrière. Le contact avec la tour se fait de main de maître par la bouche de JIMMY qui nous prouve ses dons insoupçonnés pour la langue de Shakespeare en dépit de ses affirmations. Sur la droite vers les 1000 ft venant du Nord et longeant la côte, on a visu sur MQ. Quant à DQ, OLIVIER et son équipe doivent déjà en être au dessert à LYDD. Peut-être aura-t-il la patience de nous attendre. Superbe landing et taxi vers le parking. Nous sommes dans les temps. Après avoir pris nos documents de vol, nous nous rendons au bureau ou nous sommes accueillis par une hôtesse qui nous donne des documents à remplir pour chaque avion. Soudain, nous réalisons que JIMMY est figé sur place, la bouche ouverte. Qu’a-t-il vu ? Un fantôme ? Nous regardons dans la même direction. Juste dans l’axe se trouve l’hôtesse. Sacré JIMMY…
Et puis, nos estomacs ( y compris celui de JIMMY ) nous rappellent à l’ordre. Il faut trouver un lieu pour nous restaurer. Il faut dire que nous avons tous pris des sandwichs car d’après les renseignements fournis, il n’y a qu’un distributeur de boissons sur le terrain. Or, après enquête, FUCKING TEACHER découvre un restaurant ou l’on se sert soi-même. Puisque nous sommes en Grande Bretagne, appelons un âne un âne : un self service. Il demande à la responsable si nous pouvons manger nos sandwichs dans le local à une table en commandant des boissons. La réponse est claire : « NO ». Demi-tour et on se risque vers le club des pilotes. Superbe pièce avec des gros fauteuils et décorée de façon agréable. Un décor chaud. Nouveau palabre en anglais, bien sûr, entre F.T et un anglais qui, nous le saurons plus tard s’occupe du mess. Sa réponse est tout aussi rapide et catégorique : « YES, you are welcome. » Et il ajoute « I’m gonna make coffee and tea ». DOUDOU acquiesce du chef, nous faisant croire qu’il a compris. Alors, nous sortons nos sandwichs. Là, il y a un épisode extraordinaire. DOUDOU s’assied par terre, sort une serviette de toilette, la pose sur le sol, et y met ses sandwichs. Un vrai pique nique. On le sent heureux. Le gentleman revient soudain avec des pots de tea et des grandes tasses de coffee qu’il nous distribue à chacun. L’ambiance est super et d’autres fellow pilotes entrent. Nous discutons de tout et aussi de rien, ce qui est le plus intéressant d’ailleurs. Nous avons le sentiment que le courrant passe. La passion dépasse les frontières. Nous remarquons que les instructeurs portent tous un superbe gilet jaune fluo et nous pensons à JOSEPH qui aurait sûrement adoré porter ce vêtement. Ils refusent de nous faire payer quoi que ce soit. Nous achetons donc quelques souvenirs à leur boutique.
La discussion roule sur deux dates : les 7 et 8 août. En effet, ils organisent un rassemblement avec des aéroclubs français, allemands et suisses. Il y a un certain nombre de choses de prévues et ils nous invitent à y assister. Nous leur expliquons où LFQL se trouve et nous proposons de venir nous voir de façon à « repay some of the hospitality. Nous pourrions ce jour déjeuner avec eux et les emmener faire le « plein » à Cora.
On est bloody bien à discutailler avec les English mais la nuit va vite tomber et il est temps de partir. Grand moment de solitude pour JIMMY quand on lui dit que les fiches de douane ont déjà été rendues. Peu importe, il dira quand même good bye à l’hotesse. Nous sortons sur la piste et un employé portant un superbe gilet jaune fluo nous dit que la prochaine fois, nous devrons en porter un sur les pistes. THIERRY fait illusion avec son gilet. Peut-être pas assez fluo !
Les pilotes ont permuté et bien sûr, l’envie pressante d’OLIVIER le reprend. Grand virage à gauche en montée pour éviter le survol de la centrale. Cap au 135 et déjà uae’d euq uae’d euq ( c’est que d’eau que d’eau mais dans l’autre sens, c’est du merlan.) Ca bouge beaucoup moins. La destination est Le Touquet. Il faut que nous nous dédouanions, même si nous avons la conscience tranquille. L’escadrille ( plus squadron car nous sommes en France) se regroupe pour un très court moment puisque, devinez ! et oui, OLIVIER…Paperasses, taxes, même pas un pot.
Et c’est reparti pour LFQL. LFAT/LFQL un grand classique du dimanche. Aucun problème sauf peut-être un choix de piste tournante à l’arrivée…no comment ( résultat du stage intensif à LYDD).
Le retour sur terre est cool ( !!!). Atterrissage
soft ( !!!). le temps de remplir les documents, rentrer les avions et le soleil
qui disparaît nous laissant dans la pénombre, éclairés par nos souvenirs de
la journée ( ouai, c’est pas terrible ). Nous sommes tous heureux. Certes, c’était
pas l’aéropostale, mais cela change. Nous devrions plus souvent faire ce genre
de périple. C’est humainement très riche et techniquement et pédagogiquement
intéressant. Je ne pense pas que nos LYDDERS , THIERRY, JIMMY et OLIVIER diront
le contraire.
Bravo pour votre initiative, Messieurs, et merci pour votre coaching. Nous repartons
avec vous quand vous voulez.
Quant à toi, OLIVIER, la prochaine fois, comme aux courses, tu auras un handicap
: C’est toi qui emportes FUCKING TEACHER.
Ci-après, quelques instantanées. (copyright FT)
AVEC JIMMY, LA SECURITE PRIME !
Le vrai airbus Anglais
La trace de DQ et OLIVIER dans le ciel (photo satellite)
DOUDOU EN TRAIN DE SCRUTER LA SURFACE DE LA MER A LA RECHERCHE
DU BATEAU PHARE
LE PLUS BEAU SOUVENIR DE JIMMY